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L'agence de l'eau publie son nouveau rapport sur l'état des eaux

Actualité du 30/03/18


L’agence de l’eau publie son rapport 2017 sur l’état des eaux qui s’appuie sur 4,5 millions d’analyses annuelles réalisées dans les rivières, nappes d’eau souterraine et lacs des bassins Rhône-Méditerranée et Corse pour évaluer l’état des eaux, les échelles de valeur allant de "très bon" à "mauvais".

Les résultats montrent une baisse très nette de la pollution domestique et une tendance à l’amélioration des concentrations en micropolluants (pesticides, métaux) en rivière même si de nouvelles molécules non mesurées jusqu’ici font leur apparition dans le faisceau de la surveillance.

La pollution régresse

La qualité des cours d’eau s’améliore. La pollution domestique a fortement régressé depuis 25 ans grâce à l’installation de stations d’épuration performantes. Sur le bassin Rhône-Méditerranée, 52% des rivières sont en bon état. Pour la Corse, ce chiffre grimpe à 86%.

La pollution par les substances toxiques (pesticides ou autres micropolluants) diminue également progressivement dans les rivières grâce à des politiques en faveur d’une agriculture plus durable et aux investissements effectués par les industriels pour mieux traiter leurs eaux usées.

> La toxicité des pesticides dans les rivières a chuté de moitié ces 10 dernières années, une baisse principalement due à l’évolution de la règlementation qui retire progressivement du marché les substances les plus toxiques. Malgré tout, les pesticides restent les substances toxiques les plus présentes dans les eaux, le glyphosate et son métabolite l’AMPA en tête. Certaines concentrations en rivière peuvent atteindre 4000 fois la norme eau potable comme sur la Denante à Davayé (71) en 2015.
Le glyphosate détient le record de ventes en France avec 4 600 tonnes vendues de 2014 à 2016.

> Quant aux métaux (chrome, nickel, zinc…), les niveaux de contamination ont été divisés par 6 depuis 10 ans. Ces métaux, principalement utilisés dans l’industrie du traitement de surface, ont été traités progressivement dans le cadre d’opérations collectives avec les industriels. Aujourd’hui, plus aucune pollution métallique n’est par exemple identifiée sur l’Arve (74) ou sur la Bienne (39) au-delà des normes autorisées.

> Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) formés lors de la combustion du bois, du fuel ou du charbon, constituent les polluants les plus toxiques des rivières en raison des retombées atmosphériques. Le chauffage résidentiel apporte 66% des émissions contre 25% pour le transport routier. Même si les concentrations ont été divisées par 4 en 10 ans, elles restent encore 15 fois supérieures aux normes et valeurs guides environnementales.

Au total, plus de 400 substances sont présentes dans les eaux des bassins Rhône-Méditerranée et Corse sans que toutes puissent être comparées à des normes de qualité environnementales. La comparaison ne concerne en effet qu’environ 200 substances pour lesquelles des normes existent. Il reste donc difficile de connaître exactement les niveaux de toxicité dans le milieu. En outre, l’effet cocktail n’est pas encore bien connu.

L’amélioration de la qualité physicochimique a eu un effet bénéfique direct sur la faune et la flore des cours d’eau tels que les diatomées benthiques (algues) ou les invertébrés, indicateurs de la bonne santé de l’eau.
Cependant, l’amélioration de la qualité biologique révélée par la présence d’invertébrés est moins spectaculaire que celle des concentrations en polluants car ces petits animaux sont également tributaires de la qualité des habitats donc du bon fonctionnement de la rivière.

L’artificialisation, les barrages et les prélèvements d’eau perturbent le bon fonctionnement de la rivière

> Les rivières rectifiées représentent encore la moitié des rivières et se situent principalement dans les grandes zones agricoles du bassin Rhône-Méditerranée (bassin versant de la Saône, le Languedoc et le Roussillon) et également autour des grands axes de communication (vallée du Rhône, de l’Isère et de la Durance). Renaturer les cours d’eau est essentiel pour lutter contre les crues, aider la rivière à s’auto-épurer et favoriser le retour de la biodiversité.
Depuis 2013, près de 400 km de cours d’eau ont été restaurés avec l’aide de l’agence de l’eau.

> Le cloisonnement des rivières par des seuils et des barrages touche également la moitié des rivières notamment dans les massifs alpins et sur les grands cours d’eau aménagés (Rhône, Isère ou Durance). Les poissons circulent mal et les sédiments, bloqués derrière ces obstacles, arrivent difficilement jusqu’à la Méditerranée, ce qui contribue au recul de la côte. Depuis 2013, dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse, 760 ouvrages identifiés comme problématiques, ont été rendus franchissables avec l’aide de l’agence de l’eau, conformément à la directive cadre sur l’eau.

> 40% des rivières sont perturbés par des prélèvements trop importants et cette situation va s’aggraver avec le changement climatique. Face à ce constat, la préservation des zones humides, véritables réservoirs d’eau, et la chasse au gaspillage de l’eau sont deux solutions efficaces pour s’adapter au manque d’eau. Depuis 2013, l’agence de l’eau a financé l’achat ou la restauration de 10 000 hectares de zones humides ainsi que 200 millions de m3 de nouvelles économies d’eau, soit 3 fois la consommation annuelle en eau potable de l’agglomération lyonnaise.

Les eaux souterraines globalement en bon état

> 82 % des nappes sont en bon état chimique sur le bassin Rhône-Méditerranée et 100% en Corse. Seule la pollution par les nitrates ne régresse pas. Quant aux pesticides, certains produits interdits comme les triazines (herbicides) sont encore régulièrement retrouvés dans les eaux du fait de leur rémanence, à des concentrations supérieures aux normes exigées pour l’alimentation en eau potable. Leur concentration diminue mais il faudra attendre de nombreuses années avant de les voir totalement disparaître. En outre, les mesures effectuées depuis 2017 sur les métabolites du métolachlore (substance de remplacement des triazines) semblent montrer des niveaux de contamination importants.

Une surveillance plus que décuplée

4,5 millions d’analyses sont effectuées chaque année dans les bassins Rhône-Méditerranée et Corse pour évaluer l’état des rivières, nappes et lacs. La surveillance évolue et se perfectionne régulièrement y compris pour détecter les nouvelles molécules présentes en très faible quantité dans les eaux. L’analyse de ces nouveaux résultats, couplée à une meilleure connaissance de l’impact des pollutions sur le milieu naturel et l’homme, permettra de mieux orienter les mesures à mettre en œuvre pour atteindre efficacement le bon état des eaux. 

> Télécharger le rapport 2017 sur l'état des eaux des bassins Rhône-Méditerranée et Corse

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