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Sur le bassin Rhône-Méditerranée, 120 aires d’alimentation de captages doivent faire l'objet d'ici 2012 d'un plan d'actions de lutte contre les pollutions diffuses, seul moyen de garantir un usage pérenne de l'eau.
A fin 2010, des programmes d'action sont engagés sur 31 aires de captage. De plus, les études ont démarré ou sont réalisées sur une majorité d’entre elles : 83 % pour la délimitation de l’aire d’alimentation et près de 50 % pour le diagnostic des pressions.
La mobilisation sur cet enjeu est nationale car il s’agit de garantir la qualité de l’eau de consommation et de préserver nos ressources à long terme. 507 captages «prioritaires» sur le territoire métropolitain doivent ainsi faire l’objet d’ici 2012 de plan d’actions impliquant au plus près les acteurs locaux.
Si aujourd’hui la majeure partie de la population est desservie par une eau potable qui répond aux normes de qualité, on observe dans certains secteurs la dégradation de la qualité de l’eau captée, du fait des pollutions par les nitrates et les pesticides. Dans ces secteurs, la préservation des ressources en eau nécessite des mesures de protection renforcées.
Enjeu de santé publique, la restauration de la qualité des ressources en eau pour l’eau potable est aussi un enjeu pour préserver les milieux aquatiques, les pollutions diffuses étant une des causes majeures de déclassement de la qualité des eaux.
C’est enfin un enjeu économique : la prévention est moins chère que le traitement des pollutions.
Très impliquée dans cette démarche, l'Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse intervient tant sur le plan technique que financier auprès des premiers acteurs concernés par cette problématique : les collectivités (communes, communautés de communes, syndicats) gestionnaires de l'eau et maîtres d'œuvre “naturels” des programmes d'action à mettre en place pour reconquérir la qualité des eaux prélevées.
Information, sensibilisation, financement de l'animation, d'études, de mesures de protection ou d’interventions foncières… constituent la palette des moyens mis en œuvre.
L'agence a mis en place des taux d'aides très favorables. Les études et l’animation sont soutenues à hauteur de 80%.
Le financement (complémentaire de celui de l'Europe) apporté pour les mesures agro-environnementales territorialisées (MAET – changements de pratiques agricoles visant à protéger la ressource) permet de soutenir celles-ci à 100%.
Quant aux acquisitions foncières, les subventions de l'Agence peuvent aller jusqu'à 80 %.
L’enjeu de reconquête de la qualité des captages nécessite d’aller au-delà de la réalisation d’investissements pour supprimer les pollutions. Il s’agit bien de modifier durablement les techniques employées pour produire des denrées agricoles sur une partie du territoire. Ces actions impactent ainsi les logiques économiques du secteur concerné. Il convient alors de trouver les solutions locales permettant à la fois de répondre aux impératifs de préservation de la ressource et d’assurer l’évolution de l’occupation du territoire afin de garantir la pérennité des changements.
Les conventions de partenariat conclues avec les SAFER (Rhône Alpes, Languedoc Roussillon, Provence Alpes Côte d’Azur et Franche-Comté) donnent aux collectivités les moyens de connaître et de s’impliquer dans les transactions foncières aux alentours de leurs captages. Ceci constitue également une voie pour préserver à long terme des pratiques agricoles adaptées à la vulnérabilité des captages grâce à l’acquisition des surfaces ou la maîtrise des usages qui y sont pratiqués.
Lire les témoignages de Norbert Etienne, maire de Murviel-lès-Béziers, à propos des captages de la plaine du Limbardié dans l’Hérault et de Jean Papadopoulo, vice-Président de la Communauté d’agglomération « Porte de l’Isère » sur les captages du Vernay dans l’Isère.
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