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Plusieurs communes sur les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse ont déjà engagé des démarches "zéro pesticide" pour l'entretien de leurs espaces verts et voiries. Témoignages.

Depuis 2006, la ville de Grenoble s’est engagée dans la formalisation de la gestion différenciée de ses espaces verts, selon 4 classes : classique, ornementale, semi-naturelle et naturelle. Le recours aux pesticides est inexistant dans les classes semi-naturelle et naturelle (soit 40 % des espaces verts de la ville), et minimaliste dans les autres. « Un changement qui exige une communication soutenue, en externe, comme en interne », insiste Cécile Arnaud Lorillou, ingénieur au service espaces verts de Grenoble lors de la mise en place de ce projet, aujourd’hui responsable des Parcs et Jardins de Chambéry. La ville a réalisé des formations techniques pour les agents de terrain mais aussi des argumentaires car en contact direct avec la population, ils devaient être en mesure d’expliquer la démarche. »
L’équipe municipale a pris le parti de « former » aussi les riverains à accepter un autre espace urbain : parcours avec panneaux explicatifs de la démarche, édition de 8000 plaquettes « Apprivoiser la nature en ville », ou encore réalisation d’une vidéo diffusée sur le site Internet de la ville… Autant d’opérations de communication externe soutenues par l’Agence de l’eau. Résultat : « Une prise de conscience progressive des habitants, une diminution progressive des réclamations et même des incitations à aller plus loin dans la démarche ! ».

Zéro pesticides dans les faubourgs de Murviel-lès-Béziers et 70 % de pesticides appliqués en moins dans la partie historique du village : c’est le résultat d’une première année de mise en œuvre du « défi pesticides », lancé par l’équipe municipale. Grâce à la réalisation d’un plan de désherbage communal, tout le village a été passé au crible pour déterminer zone par zone les pratiques de désherbage à mettre en œuvre. La commune s’est équipée d’un broyeur de végétaux pour réaliser des paillages, d’un rotofil et de binettes. « Une herbe par-ci, par-là, ce n’est pas de la négligence, mais de l’écologie. J’ai annoncé et bien expliqué nos ambitions aux habitants lors des vœux de début d’année », explique Norbert Etienne, maire de Murviel-lès-Béziers. « Ce message, relayé par des flyers dans les boîtes aux lettres, est bien passé et nous faisons déjà des émules dans les villages voisins ». Dans l’optique de faire perdurer la démarche, la mairie envisage l’embauche, subventionnée par l’Agence de l’eau, d’un animateur territorial.

L’engagement de la commune de Fenay dans la réduction de l’usage des pesticides remonte à 2007, depuis son entrée dans le Grand Dijon. « Avec l’intervention de la Fredon(1), missionnée par le Grand Dijon, nous avons réalisé un plan de désherbage communal et formé en parallèle nos agents techniques », explique Marie-Françoise Petel, maire de Fenay. Côté équipements, la commune a opté pour l’achat de deux désherbeurs thermiques, dont un portatif, et d’un désherbeur mécanique. « Ce changement nous obligé à être plus tolérant : j’avais moi-même l’habitude d’une commune entretenue comme le château de Versailles. J’ai dû revoir ma conception des espaces verts. Forte de ce constat, au-delà d’articles dans notre journal municipal, j’ai organisé des réunions publiques avec la population. Pour l’instant, aucune plainte. Mais j’ai bien conscience que la sensibilisation doit être entretenue : formations des agents et réunions seront renouvelées. »
(1) Fredon : Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles.

C’est avec la création en 2002 d’un jardin de 12 ha en zone de captage des eaux, que la commune de Cavaillon a amorcé la réduction de l’usage des pesticides pour l’entretien de ses espaces verts. « Ce jardin bénéficie d’un mode de gestion naturelle, c’est-à-dire sans recours aux pesticides », explique Pierre Verger, responsable des espaces verts de la ville. « Sur le reste de la commune, nous n’utilisons plus d’insecticides en préventif et quasiment plus en curatif, la plantation d’espèces méditerranéennes permettant de maintenir la faune auxiliaire. Côté herbicides, nous avons diminué de moitié leur utilisation par la mise en place de paillage qui limite le développement des adventices, par des zones enherbées fauchées régulièrement, et par le débroussaillage. Nous avons acquis un désherbeur thermique, un désherbeur mécanique par brosse ainsi qu’un réciprocateur, matériel peu connu qui permet de couper l’herbe sans projection, ce qui présente un avantage sur le plan de la sécurité. »
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