A la mer, préférez les laits solaires
Les huiles solaires forment une couche à la surface de la mer et diminuent la photosynthèse.

On évalue l'encaissement de la rivière à environ dix mètres en 10 000 ans. Mais il a atteint trois mètres par endroits sur les seules cent dernières années ! C'est presque le début d'un canyon. La cause principale – mais pas unique – en est une chaîne de cinq barrages, en amont dans le Jura, qui stoppent le transfert de sédiments. Conséquences, la rivière s'enfonce en creusant son propre lit, elle vidange la nappe phréatique – ce qui pose des problèmes d'alimentation en eau potable –, et s'appauvrit sur le plan écologique.
Comme il n'est pas question d'effacer les barrages, source d'hydro-électricité, l'une des premières solutions que nous avons engagées consiste à recharger la rivière en sédiments. En l'occurrence, nous remettons en eau des bras morts issus d'anciens lits de l'Ain (les “lônes”), et nous utilisons les sédiments extraits lors de cette opération. Nous avons déjà procédé à une recharge de 45 000 m3 qui bénéficie à la rivière d’Ain et par voie de conséquence au Rhône.
Une recherche menée par l’Université Lyon III et financée par l'Agence de l'eau, qui visait, entre autres, à quantifier et caractériser les stocks de matériaux, a toutefois montré que le déficit annuel est d’environ 15 000 m3.
Il est impératif de rendre à la rivière un fonctionnement le plus naturel possible. Pour ralentir le processus de chenalisation, nous rétablissons ainsi progressivement la pâture naturelle sur les rives, ce qui permet de contenir la forêt, autre amplificateur du phénomène.
Dans le cadre du SAGE, nous avons défini un “espace de liberté”, autrement dit un espace de mobilité de l'Ain, pour lui permettre notamment de se recharger en sédiments par l'érosion de ses propres berges. Et nous avons évalué les terrains concernés par les zones érodables – qui sont très majoritairement des propriétés publiques, ce qui est un atout. Et pour les terrains privés, nous proposons une acquisition foncière.
De même, l'extraction de granulats dans cet espace de liberté est, elle aussi, très encadrée.
C'est un travail de longue haleine, qui requiert également une évolution des mentalités. Hier, le réflexe était de se protéger des caprices de la rivière en endiguant, en enrochant, en canalisant. Aujourd'hui, il faut faire admettre qu'on a tout à gagner, en termes d'eau potable, de stabilité des ponts, de paysages, de richesse écologique… à faire exactement le contraire !
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