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Les prélèvements

Réalisés en eaux superficielles (cours d'eau, plans d'eau) ou souterraines (nappes), les prélèvements sont destinés principalement à l'agriculture et à l'alimentation en eau potable.

Sur le bassin Rhône-Méditerranée

L'irrigation pour l'agriculture constitue l'usage le plus consommateur en eaux superficielles. Elles sont également prélevées massivement pour le refroidissement des centrales thermiques et nucléaires, mais la «consommation» réelle est faible car la quasi-totalité de l'eau utilisée est rejetée dans le milieu naturel.
Les prélèvements en eaux souterraines servent essentiellement à l'alimentation en eau potable et à l'industrie.
De nouveaux usages apparus plus récemment, comme la neige de culture, peuvent également menacer cours d'eau et zones humides de haute montagne.

Certains prélèvements sont réalisés dans le cadre de grands aménagements hydrauliques de stockage (barrages) et de transfert (canaux) sur des cours d'eau à ressource abondante (Rhône, Durance, Verdon...). Ces grands ouvrages ont été réalisés pour la navigation, la production hydroélectrique, l'agriculture...

Sur le bassin de Corse

55% de l'eau prélevée sont utilisés pour l'usage agricole (élevage, irrigation), 45% pour l'alimentation en eau potable.

Les précipitations sont abondantes en Corse et la ressource en eau globalement excédentaire. En revanche, elle est mal répartie dans le temps (variations selon les saisons, les années) et dans l'espace (relief de l'île), ce qui ne permet pas de répondre de façon optimale aux besoins. Afin de s'assurer d'un approvisionnement régulier, de grands aménagements hydrauliques ont été construits pour stocker l'eau (barrages). D'autres prélèvements sont effectués directement dans les cours d'eau et les nappes souterraines.

Les pressions sur les milieux aquatiques dues aux prélèvements

• sur les eaux souterraines: l'abaissement du niveau des nappes, dû aux prélèvements excessifs, favorise l'introduction d'eau salée dans les eaux souterraines proches du littoral, les rendant impropres à la consommation. La multiplicité des forages rend la nappe vulnérable à l'atteinte des pollutions.
• sur les cours d'eau: en ralentissant les débits et en diminuant les apports d'eau plus fraîche des nappes d'accompagnement de cours d'eau, les prélèvements favorisent l'eutrophisation, la concentration de la pollution (plus faible dilution des polluants) et l'élévation des températures. Tous ces facteurs contribuent à réduire la capacité de vie et d'autoépuration du milieu.

Ces conséquences aggravent les conflits entre usages (agriculture et alimentation en eau potable notamment) mais aussi entre les usages et les milieux aquatiques. Ces pressions se soldent par des impacts sur les nappes et cours d'eau (pénurie voire assecs en période d'étiage).

Des solutions à mettre en oeuvre

Si des progrès ont été réalisés (partage de la ressource, substitutions de prélèvements, maîtrise de l'alimentation en eau potable...), ils sont insuffisants. D'autres pistes d'actions sont désormais mises en œuvre:

  • améliorer la connaissance des volumes prélevés;
  • assurer un équilibre entre les prélèvements nécessaires à la satisfaction des besoins et le bon fonctionnement des milieux aquatiques par un meilleur partage de l'eau, en fiabilisant les usages prioritaires comme l'alimentation en eau potable (réserver autant que possible les eaux souterraines à cet usage);
  • anticiper sur les périodes de pénurie et gérer les crises plus efficacement dans le cadre du plan national d'action sécheresse (modernisation du réseau de surveillance des débits et des niveaux des nappes, renforcement de la communication en période de pré-crise...).

Au-delà des mesures techniques, les progrès passeront nécessairement par une gestion concertée réunissant tous les acteurs concernés. Des décisions politiques sont nécessaires pour décider du partage de la ressource en eau qui n'est pas extensible à l'infini.

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