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L'hydroélectricité

Énergie renouvelable, l'hydroélectricité représente 15% de la production nationale d'électricité. Elle bénéficie d'un avantage majeur : la capacité à stocker de l'énergie pour répondre rapidement aux variations de la demande. Pour autant, elle fait peser de lourdes contraintes sur les cours d'eau.

Producteur de 60% de l'énergie hydroélectrique nationale, le bassin Rhône-Méditerranée possède un important réseau d'aménagements consacrés à cette production. Tous les types d'ouvrages hydrauliques y sont représentés :

  • les aménagements fonctionnant au «fil de l'eau» sans capacité de stockage;
  • les aménagements fonctionnant en «éclusés» dont la capacité de stockage permet de libérer l'énergie sur les heures les plus favorables de la journée (plus forte consommation électrique et/ou prix de marché élevé);
  • les aménagements dits de «lac» dont la très grande capacité de stockage permet de reporter l'énergie d'une saison à l'autre. L'eau est stockée pendant les périodes de forts débits (fonte de neige et/ou automne) pour être utilisée l'hiver suivant (consommations importantes et/ou périodes de prix élevés).

En Corse, ces ouvrages ont souvent une vocation mixte : production d'énergie mais aussi alimentation en eau d'irrigation ou en eau potable.

Visualiser un exemple d'aménagement hydroélectrique.

Un usage contraignant

L'hydroélectricité a des impacts négatifs sur le fonctionnement des cours d'eau :

  • sur l'ensemble du cours d'eau: les barrages modifient les écoulements et les transits de sédiments (sables, graviers...) ainsi que les déplacements des poissons. La succession d'ouvrages hydrauliques peut cloisonner le cours d'eau, en l'empêchant de «respirer» à son propre rythme;
  • sur le tronçon court-circuité: les dérivations modifient les habitats des poissons et les conditions de température dans les cours d'eau; elles accentuent la vulnérabilité aux pollutions et appauvrissent la faune;
  • à l'aval des centrales: le déstockage soudain d'eau, appelé «éclusée», simule des crues d'eau (qui accentuent l'érosion) et peut faire mourir les poissons (noiement/dénoiement des zones de frayère);
  • d'une façon générale, la présence des retenues d'eau artificielles et leur gestion (marnage) bouleversent les habitats et les milieux aquatiques.
 

Quelles perspectives ?

L'hydroélectricité est au cœur de l'application de plusieurs directives européennes dont celle d'ouverture du marché de l'électricité et celle de l'énergie renouvelable prévoyant son augmentation dans la consommation électrique globale.

  • Ces objectifs sont-ils conciliables avec les ambitions de la directive cadre sur l'eau en matière de reconquête et de préservation de l'état écologique des plans et cours d'eau ?

  • Les sites propices aux grands aménagements ayant été pratiquement tous exploités, est-il possible d'augmenter la capacité de production en hydroélectricité ?

Il importe de réduire les impacts des aménagements hydroélectriques sur les milieux aquatiques. Localement, des démarches de gestion concertée laissent espérer des améliorations sur le fonctionnement de ces ouvrages: atténuer les effets des éclusées, laisser plus d'eau dans la rivière, etc. Des solutions réglementaires sont également envisagées pour plus de souplesse dans la gestion des débits réservés. Mais au-delà de ces réponses techniques, la question des économies d'énergie ne doit-elle pas à nouveau être remise sur la table ?

 

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