La préservation de la Méditerranée

La qualité des eaux côtières est globalement bonne et conforme aux normes européennes, signe de progrès en matière de dépollution ou d’organisation des usages en mer. Mais cela ne doit pas cacher la fragilité du littoral et du milieu marin, de sa faune et sa flore, sous les pressions de développement économique et démographique et, aujourd’hui, du dérèglement climatique. La mer est un patrimoine, la protéger c’est la rendre plus résistante. C’est aussi pour les collectivités et les usagers jouer la carte d’un développement économique durable des territoires côtiers.

L’ETAT DE SANTE DE LA MEDITERRANEE

Les eaux côtières sont le réceptacle de nombreux rejets. Les secteurs situés à proximité des grandes villes ou de zones d'activité importante sont les plus touchés. Ainsi, les zones de Port La Nouvelle, la rade de Marseille, la rade de Toulon, le littoral d’Antibes ou le littoral niçois sont encore contaminés par des substances chimiques toxiques tels que le tributylétain (historiquement issu des peintures des bateaux et très rémanent dans l'environnement), l’arsenic ou les PCB, à l’origine de perturbations du métabolisme des espèces.

L’état écologique des eaux côtières montre la stabilité des herbiers de posidonie et des macroalgues, habitats pour de nombreuses espèces marines (donnée issue de la campagne de surveillance 2015). On relève même des signes de croissance (secteur des calanques de Marseille et du cap Sicié à Toulon, particulièrement dans les zones proches du rejet urbain). Les efforts d’amélioration du traitement des eaux usées engagés dans ces zones littorales ont donc des effets encourageants.


Coralligène Sud Tavolara Copyright Andromède

17 000 espèces ont été recensées en Méditerranée alors que cette mer représente moins de 1 % de la superficie océanique.

20 % des petits fonds côtiers (inférieurs à 50 m) sont aujourd’hui altérés par les aménagements et les terrains gagnés sur la mer.

11% c’est le taux d’artificialisation du trait de côte sur la façade méditerranéenne, dont 6% par les ports, causant notamment la perte des fonctions « nurseries » pour les larves de poissons.

COMMENT PRESERVER ET RESTAURER LE LITTORAL ET LE MILIEU MARIN ?

Les actions de préservation de la Méditerranée soutenues par l’agence de l’eau contribuent à la mise en œuvre de la directive cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM) qui entre dans sa phase opérationnelle. La DCSMM, déclinée sur la façade méditerranéenne en un plan d’action pour les milieux marins (PAMM), vise à maintenir ou rétablir le bon fonctionnement des écosystèmes marins (diversité biologique, interactions entre les espèces et leurs habitats) tout en permettant et en soutenant les usages maritimes.

L’objectif est d’atteindre un bon état écologique du milieu marin d’ici 2020 par :  

La réduction des flux de polluants à la mer

  • Réduire les pollutions issues des eaux usées et notamment les flux de polluants qui partent à la mer par temps de pluie

  • Réduire les pollutions industrielles

  • Réduire les pollutions portuaires et notamment gérer les aires de carénages de manière à récupérer et stocker les effluents afin d’éviter les rejets en mer

La non dégradation de l’état écologique par l’organisation des usages en mer et la maitrise des aménagements (écoconception)

La restauration des habitats pour reconquérir la biodiversité marine

  • Retrouver les fonctions de nurserie des petits fonds côtiers détruits par les aménagements littoraux

  • Restaurer les peuplements de macroalgues ou de posidonie

LES MOYENS MIS EN ŒUVRE PAR L'AGENCE DE L'EAU

Des aides financières

L’agence de l‘eau consacre en moyenne 100 M€ par an à des actions de réduction des flux polluants (75% des aides), avec une priorité à la réduction de la pollution pluviale mais également à la lutte contre la pollution portuaire ou bien encore l’organisation des mouillages pour réduire l’impact des ancres sur la posidonie. L’accompagnement des politiques de gestion locales, la recherche, la surveillance des eaux marines, la restauration écologique des petits fonds côtiers et les actions d’éducation et de sensibilisation à l’environnement sont aussi fortement soutenus.

Des politiques contractuelles de gestion locale de la mer 

Avec les acteurs locaux de la mer (collectivités, ports, associations…), l’agence initie des démarches contractuelles pour préserver le milieu marin (plan de gestion, contrats de baie (Toulon, Nice, Marseille, Cannes…) pour lutter contre la pollution toxique …). Elle incite les communes à s’emparer de la protection et de la gestion de leur espace littoral. C’est une carte à jouer pour l’attractivité des territoires côtiers et pour un développement économique durable (découverte du patrimoine sous-marin, tourisme, batellerie, restauration).

L’acquisition de connaissances sur le fonctionnement des milieux littoraux et marins

L’agence de l’eau investit pour la surveillance de la Méditerranée. Elle est coordinatrice ou partenaire de nombreux programmes de suivi : le programme de surveillance sur l’état biologique et chimique des eaux, le réseau RINBIO (Réseau Intégrateurs Biologiques) pour évaluer la qualité chimique des eaux littorales sur l’ensemble de la façade méditerranéenne, l’observatoire de suivi de la qualité des lagunes, l’observatoire aérien des usages maritimes, l’observatoire socio-économique du littoral, suivi de l’impact du changement climatique ou bien encore la plateforme d’échange de données MEDTRIX. Elle soutient également de nombreux programmes de recherche (coopération avec Ifremer et la communauté scientifique).

Des outils pour vous accompagner

Application Qualité Mediterranée

Grâce à l’appli Méditerranée, visualisez la carte complète des fonds marins. Découvrez la qualité des eaux marines ou encore l’état du corail. Repérez où se cache le mérou et les zones au large où vous aurez des chances de croiser des dauphins et des baleines.

Guide "La Mediterrannée dévoile ses dessous, cartographie des habitats marins"

Guide "Les dessous de la mer" (PDF, 10 143 Ko) qui cartographie pour la première fois l’état des habitats sous-marins sur l’ensemble de la façade méditerranéenne française